Lundi 23 mars à 14h30 en salle du Conseil

Résumé du séminaire :

L’ostracisme, défini comme le fait d’être ignoré  ou mis à l’écart d’une interaction sociale, est un phénomène omniprésent  dans notre quotidien. Initialement théorisé au niveau interindividuel,  l’impact de l’ostracisme intergroupe — autrement dit lorsqu’il  est perçu sur la base de l’appartenance à un groupe social — a  largement été négligé en psychologie sociale. Pourtant, contrairement  aux formes explicites de rejet (i.e., discrimination), l’ostracisme repose sur une absence d’attention, ce qui le rend  socialement plus acceptable tout en restant profondément douloureux pour  les individus. À partir de ce cadre  théorique, je présenterai des travaux montrant que l’appartenance groupale joue un rôle central dans la manière dont les individus  évaluent et réagissent à l’ostracisme. J’examinerai ensuite les réponses  identitaires à l’ostracisme intergroupe, en défendant l’idée que le  groupe d’appartenance peut constituer une ressource psychologique protectrice. Toutefois, si cette stratégie est bénéfique au niveau individuel, elle peut également avoir des conséquences  négatives pour les relations intergroupes. Dans ce cadre, je présenterai  les résultats d’une méta-analyse récente sur le lien entre ostracisme et radicalisation identitaire, montrant que les  relations causales avancées par la littérature théorique sont largement  surestimées. Ces résultats seront discutés à la lumière des limites  méthodologiques et empiriques du champ, en soulignant la nécessité de porter notre attention sur les formes émergentes de  radicalisation auprès des groupes dominants (e.g., masculinisme,  mouvement incel).

 

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