Lundi 29/04/2024 à 14h30 en salle 3035.
Résumé :
Cet exposé présentera le protocole et les résultats d’une étude expérimentale que j’ai conduite avec une équipe de psychologues du raisonnement à Londres (Vorms et al, 2022). Elle vise à remettre en question la théorie de la formation des croyances mise en avant par le psychologue Daniel Gilbert (1991). Cette théorie est elle-même fondée sur une série d’expériences (Gilbert et al 1990) devenue extrêmement célèbre et fréquemment invoquée, encore aujourd’hui, pour expliquer de nombreux phénomènes de psychologie sociale (force et persistance des rumeurs et des fake news, inefficacité des démentis, etc.).
Gilbert (1991) affirme que, lorsque nous lisons ou entendons un énoncé, nous ne pouvons pas ne pas d’abord le croire. Gilbert et al (1990) prétendent ainsi montrer que même quand un énoncé est explicitement démenti, nous avons tendance, pour peu que notre attention soit détournée, à le retenir comme vrai.
Dans les expériences que nous avons conduites, nous avons repris le protocole de Gilbert en variant la plausibilité des énoncés. Nos résultats montrent que la tendance à la crédulité non seulement s’annule, mais encore s’inverse pour les énoncés peu plausibles : nous avons tendance à les rejeter, même quand ils sont ultérieurement confirmés.
Notre apparente crédulité n’est peut-être pas tant une tendance irrationnelle de l’esprit humain qu’une manière plutôt raisonnable, quoique faillible, de traiter les informations. Par contraste avec l’insistance courante sur l’irrationalité et les « biais cognitifs », notre démarche consiste à mettre au jour ce qu’il y a de rationnel dans des comportements apparemment irrationnels — et souvent délétères.
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