Lundi 6 juillet 2026 en salle du Conseil à 14h
Titre : Réponses sociales à l’exclusion : Examens des réponses spontanées et des réponses comportementales en milieu scolaire
Résumé : L’exclusion sociale, définie comme le fait d’être mis à l’écart par autrui, conduit fréquemment à des comportements agressifs ou de retrait. Ces comportements antisociaux augmentent la probabilité d’exclusion future et sont susceptibles d’entretenir un cercle vicieux. Toutefois, l’exclusion peut également entraîner des comportements prosociaux, favorisant la réinclusion. Ce travail vise à identifier les déterminants situationnels qui orientent ces réponses. Nous défendons l’idée qu’il n’existe pas de réponse antisociale par défaut à l’exclusion. Au contraire, les réponses dépendent des opportunités relationnelles perçues dans la situation post-exclusion. Plus précisément, les individus exclus adopteraient des comportements prosociaux en cas d’inclusion future probable, et des comportements antisociaux en cas d’exclusion future probable. Dans un Premier Axe, nous nous sommes intéressées aux réponses spontanées à l’exclusion face aux informations sociales, supposées guider les comportements subséquents. Plus précisément, nous avons étudié les processus attentionnels ainsi que les tendances d’approche/évitement à l’égard d’indices d’acceptation (i.e., visages souriants) et de rejet (i.e., visages en colère). Nous avons examiné dans quelle mesure ces réponses spontanées variaient en fonction des opportunités relationnelles perçues après l’exclusion. Nous avons fait l’hypothèse que les individus exclus orienteraient leur attention vers (et approcheraient) les indices d’acceptation en cas d’inclusion future probable. À l’inverse, en cas d’exclusion future probable, ils orienteraient leur attention vers (et éviteraient) les indices de rejet. Nous opposions cette hypothèse principale à l’idée qu’il existerait une réponse spontanée unique à l’exclusion, orientée soit systématiquement vers les indices d’acceptation, soit systématiquement vers les indices de rejet. Ce raisonnement a été testé au travers de trois études expérimentales. Cependant, les résultats obtenus ne permettent pas de départager l’hypothèse principale des deux hypothèses alternatives. Cela nous a conduit à identifier plusieurs limites méthodologiques et théoriques. Dans un Second Axe, nous avons examiné les réponses comportementales à l’exclusion sociale dans un contexte plus écologique, à savoir le milieu scolaire. L’exclusion y est particulièrement fréquente et associée à de nombreuses conséquences délétères. Nous nous sommes centrées sur l’exclusion par les pairs, les principaux partenaires d’interaction des enfants et adolescent·es. À travers trois études corrélationnelles, nous avons mesuré simultanément les comportements prosociaux, agressifs et de retrait. Nous avons également multiplié les sources d’évaluation (enseignant·es, pairs, ou auto-évaluations) de l’exclusion par les pairs. Les résultats mettent en évidence une hétérogénéité des réponses. La première étude reproduit les résultats classiques de la littérature liant exclusion (rapportée par l’enseignant·e et par les pairs) et comportements antisociaux (rapportés par l’enseignant·e). En revanche, les deux autres études montrent que l’exclusion auto-rapportée est associée à une diminution des intentions comportementales agressives et à une augmentation de celles prosociales (et de retrait social dans la dernière étude). Bien que le rôle des opportunités relationnelles n’ait pas été testé directement, les résultats de cet axe soutiennent l’idée d’une absence de réponse antisociale systématique à l’exclusion. Nos travaux conduisent à interroger les processus motivationnels sous-jacents aux réponses comportementales. Ils soulignent enfin la nécessité de poursuivre les recherches, notamment au niveau comportemental, afin de mieux comprendre les conditions favorisant des comportements prosociaux et ainsi la réinclusion des individus exclus.
Jury :
- Marie-Pierre FAYANT (Directrice de Thèse) – Professeure à l’Université Paris Cité
- Théodore ALEXOPOULOS (Directeur de Thèse) – Professeur à l’Université de Bordeaux
- Céline DARNON (Rapporteuse) – Professeure à l’Université Clermont Auvergne
- Annique SMEDING (Rapporteuse) – Professeure à l’Université Savoie Mont Blanc
- Mathieu CASSOTTI (Examinateur) – Professeur à l’Université Paris Cité
- François RIC (Examinateur) – Professeur à l’Université de Bordeaux
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